Le bonheur est une compétence qui se cultive


Il y a beaucoup de choses qu’on nous apprend dans la vie. Comment se comporter, quelles sont les règles à suivre, comment s’occuper de ses besoins.
Mais il y a une chose qu’on ne nous apprend pas, et qui pourtant est fondamentale pour vivre une vie positive : le bonheur est une compétence qu’on peut développer et travailler. Et qui est déterminante concernant la qualité de notre vie.

Avant de m’en rendre compte, j’essayais comme tout le monde de faire les choix qui m’amèneraient vers une vie heureuse.
Je me disais que le mieux était de suivre l’exemple des gens qui « réussissent » dans la vie. C’est à dire, de poursuivre des réalisations extérieures : posséder des choses, avoir une situation « prestigieuse », des amis, une famille.
Mais je ne savais pas que le bonheur n’est pas uniquement lié aux circonstances extérieures.

Certaines personnes sont naturellement heureuses et enjouées alors que d’autres sont plus anxieuses et pessimistes. Mais au-delà de nos prédispositions et de notre nature, ne pourrions-nous pas apprendre à être heureux en travaillant cette compétence ?

Comment travailler la compétence du bonheur

L’apprentissage du bonheur est comme l’apprentissage de toute compétence. Ça nécessite surtout et avant tout de la pratique.
Mais un peu de théorie permet d’accélérer le processus et d’éviter les erreurs, les détours et demi-tours.

Le bonheur est un concept compliqué. Ce n’est pas un état qu’on a de manière permanente, à volonté. Mais c’est quelque chose qu’on peut cultiver, en créant les conditions de son émergence.

Quels sont les leviers pour travailler sa capacité au bonheur ? Chacun peut avoir ses propres recettes.

Je partage avec vous les ingrédients que j’utilise et qui fonctionnent sur moi.

Le pouvoir de la gratitude sur l’état d’esprit

 « Il n’y a que deux façons de vivre sa vie : l’une en faisant comme si rien n’était un miracle, l’autre en faisant comme si tout était un miracle.» – Albert Einstein

Certains jours, il m’arrive de me lever le matin de très bonne humeur, de sentir que la journée va être excellente.
Mais à d’autres moments, je peux me lever du mauvais pied, être de moins bonne humeur et n’avoir que peu de patience. Un rien pouvant alors m’affecter.
Mais j’ai découvert que je pouvais contrôler et transformer mon état d’esprit de la journée grâce à un outil très puissant : la gratitude.
Qu’est-ce que la gratitude ? Il s’agit de prendre le temps de se rendre compte de la chance incroyable que l’on a.
Je suis vivant (ce qui n’est vrai que durant une fraction de seconde à l’échelle de l’univers), j’ai un toit au dessus de ma tête. J’ai de quoi me nourrir en abondance, avec de la nourriture variée toute l’année. Je risque peu de me faire dévorer par un prédateur.
Si je veux de l’eau potable, je n’ai qu’à ouvrir le robinet. J’ai froid ? Allumer le chauffage.
J’ai accès à la plus grande bibliothèque de tous les temps, Internet, et je peux communiquer instantanément avec mes proches, où qu’ils soient.
Il faut se rendre compte que même un empereur romain ou un roi de France n’avait pas accès à cette abondance, à ce confort de vie. En vivant dans un pays développé comme la France, à notre époque, on est déjà dans les vies les plus privilégiées de l’histoire de l’humanité !

Alors oui, on a des soucis, on a des tracas. C’est même normal. Mais en se rendant compte de notre chance sur ces points fondamentaux, il est possible de ressentir une joie et une abondance, peu dépendante des circonstances.
Et cet état de gratitude est totalement opposé à l’état de frustration et de peur.
En faisant cet exercice chaque jour, j’ai senti une augmentation du bien être et une meilleure résilience aux difficultés du quotidien.
Alors qu’avant je pouvais, certains jours, avoir mon état d’esprit facilement affecté par les petites difficultés, il est désormais bien plus stable et moins dépendant des petits tracas que l’on a tous.

Recadrer sa vision du monde, développer sa philosophie

Notre philosophie de vie et nos croyances déterminent notre expérience. Pourquoi ne pas réfléchir et choisir une philosophie de vie positive, qui limitera les souffrances et favorisera le bonheur ?

C’est un sujet très vaste, que je développerai dans un article dédié…
Mais en attendant, voici les quelques principes très puissants que j’essaie de mettre au coeur de ma philosophie de vie :

  • Ce n’est pas les évènements, mais notre réaction aux évènements, qui nous fait souffrir. Il n’y a rien de bien ou de mal en soi, mais c’est notre interprétation qui conditionne notre réponse émotionnelle. Et la bonne nouvelle c’est qu’on peut contrôler et changer notre perspective sur les évènements. Et voir d’une manière constructive quelque chose qui aurait pu nous paraître terrible.
  • Se concentrer sur ce qu’on peut contrôler, accepter ce qu’on ne peut pas contrôler. Si quelque chose nous préoccupe, on peut se demander si c’est sous notre contrôle, et alors on peut agir. En revanche, si ce n’est pas sous notre contrôle (et c’est souvent le cas), on a seulement à accepter. De toute façon, nous ne pouvons rien faire. Quand on réalise que le sujet de nos inquiétudes n’est pas sous notre contrôle, on peut alors totalement le lâcher. C’est libérateur.
  • Se rappeler que la vie est courte, et qu’au final, rien n’a vraiment d’importance. Qui se rappellera de nos échecs et succès dans 100 ans ? Et en sachant qu’on peut mourir demain, faut-il sans cesse remettre à demain ce qui nous tient à coeur ?
  • Je suis ce que je fais. Nos habitudes et nos actions nous définissent. Pas nos paroles ou nos intentions. Si l’on veut devenir écrivain, il faut écrire. Chanteur, il faut chanter. Peintre, il faut peindre. Et ne pas attendre les conditions parfaites.

Etre soi-même et se défaire du regard des autres

Je sais que j’ai naturellement tendance à faire attention à l’image que je renvoie aux autres. Quitte à parfois être moins authentique et à avoir l’impression de jouer un rôle.
Mais en faisant ça, je me rends compte que je suis moins aligné avec moi-même et avec mes valeurs.
C’est totalement contre productif, car l’intérêt est d’attirer à soi des gens qui sont compatibles avec nos valeurs et qui nous apprécient pour ce que nous sommes. Et pas pour ce que nous pensons qu’ils veulent qu’on soit.

C’est en réalisant deux vérités que l’on peut se libérer de la pression du regard des autres :

  • La plupart des gens pensent également avant tout à eux-mêmes. Dans une interaction, ils ne s’intéressent en général qu’à l’image d’eux qu’ils projettent.
  • Les autres n’ont de pouvoir sur nous que celui qu’on leur donne. Le regard des autres peut nous affecter parce qu’on leur donne le pouvoir de nous affecter. On s’affecte soi-même par notre représentation de la vision des autres.

En étant plus authentique, on se découvre et on peut s’exprimer réellement.

Ne pas être centré sur soi

On pourrait croire qu’être centré sur soi est important pour son propre bonheur. Mais en réalité, c’est en étant trop égocentré, en voulant se faire passer avant les autres, qu’on se créé de la souffrance.
On peut s’en rendre compte dans de nombreuses situations du quotidien. Par exemple en faisant la queue à la caisse d’un supermarché et en voyant la caissière si lente à encaisser un chèque (et qui paie en chèque en 2017 ?). Il est facile de trouver ça scandaleux, de se dire qu’on n’a pas le temps, que ce n’est pas normal qu’elle nous fasse subir ça. Ou encore dans les bouchons.
Mais ça peut aussi arriver quand on a une plus petite part de gâteau que les autres, ou une moins bonne place.
La souffrance est souvent une trop grande fixation sur soi-même

Or en travaillant à penser aux autres avant soi-même, en donnant aux autres, on se libère de l’égocentrisme. On se rend compte que donner amène du plaisir, parfois même plus que de recevoir.
En étant altruiste et empathique, on ressent profondément une joie et une libération. C’est une source de bien-être durable.

Savourer les petites choses

« Le bonheur ne se trouve pas au sommet de la montagne, mais dans la façon de la gravir » – Confucius

Personne ne vit des choses grandioses et n’a de grandes réussites chaque jour.
On vivra certainement quelques grands moments et quelques grandes épreuves dans la vie.

Mais on vit au quotidien plein de petits moments, plein de petites choses positives. C’est en savourant toutes ces petites choses du quotidien qu’on peut réellement profiter, se réjouir et apprécier notre vie. Je pense qu’il est important d’apprécier le chemin, et pas seulement l’arrivée.
C’est un sujet assez proche et complémentaire avec l’attitude de gratitude.

Eviter les états négatifs comme l’anxiété, les regrets et la jalousie

L’anxiété, les regrets et la jalousie sont des ennemis du bonheur.
Ce sont des scénarios intérieurs qu’on joue nous-même en boucle dans notre tête. Et sans aucun intérêt, sans aucun bénéfice.

Apprendre à se défaire de ces éléments est important pour notre bien être. Et mieux vaut s’entrainer sur les petites frustrations du quotidien que d’attendre les moments plus durs où ça sera très difficile.

Les regrets

Quand je regrette un choix, je réalise qu’on ne maîtrise jamais quelle aurait été l’alternative. Le monde est tellement chaotique, qu’en faisant un choix différent, on ne serait pas la même personne aujourd’hui, on se serait peut-être fait renverser par une voiture. On n’aurait pas rencontré les mêmes personnes. On ne peut pas voir le présent alternatif, alors pourquoi dépenser de l’énergie à regretter quelque chose qui aurait pu être pire ?
Mieux vaut avoir de la gratitude pour tout ce qu’on a, pour celui que l’on est, avec les choix qu’on a fait.

L’anxiété

Notre vie est constituée d’une séquence de moments. Et à chaque moment, le passé n’est que souvenirs et le futur n’existe pas encore. Alors que les regrets sont un attachement au passé (donc aux souvenirs), l’anxiété n’est que la projection d’un futur qui n’existe pas.
Il est important de réfléchir au futur pour nos choix, mais trop de projection entraîne une anxiété, qui n’est pas constructive ni saine.

Pour lutter contre ça, ma recette est de me concentrer sur le présent. Quelle que soit l’épreuve que nous allons devoir vivre, elle passera par une succession de moments. Et à chaque moment unitaire, il n’y aura que peu de choix à faire ou d’épreuves à vivre.
Si on se concentre sur les choses à faire dans le moment présent, en laissant les choses futures pour les moments futurs, on peut se libérer d’un grand poids.
Une épreuve qui semblait insurmontable se retrouve décomposée en plein de moments où il n’y a rien de spécial à faire, et en quelques moments où il y aura des choses moins agréables à faire. Mais qui seront réparties et non pas simultanées.

La jalousie

Quand je suis amené à être jaloux de quelqu’un, je me dis que pour être vraiment jaloux, il faudrait comparer tous les aspects de sa vie avec l’autre. Etre prêt à échanger sa place sur toutes les facettes, de manière irrémédiable (le caractère, la situation familiale, les proches, etc. Et pas que l’aspect positif en question que l’autre a et que nous aimerions avoir).
Et à chaque fois je me rends compte que je suis content d’être moi-même. Pas parce que je me sens supérieur, mais parce qu’on est tous différents, qu’on a tous des qualités et des défauts.

Parfois c’est plus difficile

Il est normal d’avoir des hauts et des bas dans la vie. Certaines périodes peuvent être difficiles. Parfois, j’ai beau essayer d’être positif, ça ne marche pas.
Certains d’entre vous vivent peut-être des situations très compliquées et traversent des mauvaises passes.

Mais souvent, travailler cette compétence, ça marche !

Travailler sa capacité au bonheur est beaucoup plus simple lors des périodes « faciles » de la vie. On peut alors s’entrainer à appliquer ces outils sur les petites choses du quotidien.
Et quand une période plus difficile arrivera, on sera prêt à tester ces principes et à affronter les évènements avec un socle plus solide.
Si on ne s’entraîne pas, il sera très difficile d’appliquer ces principes sur une situation compliquée. Simplement garder la tête hors de l’eau sera déjà une épreuve.

Alors est-ce que ça ne vaut pas la peine de prendre le temps de travailler cette compétence dès aujourd’hui, et au quotidien ?

Et vous, avez-vous vos recettes qui fonctionnent pour vous ?
N’hésitez pas à réagir et à partager 🙂

4 réflexions sur « Le bonheur est une compétence qui se cultive »

  1. Super article comme dab.

    Juste pour te dire que tu écris vraiment bien.

    Je +1 tout ce que tu dis, je l’applique dans ma vie et je me sens bien, la seule à retenir : est-ce que tu te sens bien dans ton corps et ton esprit ? Si oui, continue, t’es sûr la bonne voie 🙂

    Continue comme ça. J’aime bien lire tes articles, j’attends le prochain !

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