Le bonheur est une compétence qui se cultive


Il y a beaucoup de choses qu’on nous apprend dans la vie. Comment se comporter, quelles sont les règles à suivre, comment s’occuper de ses besoins.
Mais il y a une chose qu’on ne nous apprend pas, et qui pourtant est fondamentale pour vivre une vie positive : le bonheur est une compétence qu’on peut développer et travailler. Et qui est déterminante concernant la qualité de notre vie.

Avant de m’en rendre compte, j’essayais comme tout le monde de faire les choix qui m’amèneraient vers une vie heureuse.
Je me disais que le mieux était de suivre l’exemple des gens qui « réussissent » dans la vie. C’est à dire, de poursuivre des réalisations extérieures : posséder des choses, avoir une situation « prestigieuse », des amis, une famille.
Mais je ne savais pas que le bonheur n’est pas uniquement lié aux circonstances extérieures.

Certaines personnes sont naturellement heureuses et enjouées alors que d’autres sont plus anxieuses et pessimistes. Mais au-delà de nos prédispositions et de notre nature, ne pourrions-nous pas apprendre à être heureux en travaillant cette compétence ?
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Pourquoi j’évite de trop m’informer ?

« On est entouré par tellement d’informations qui paraissent importantes, qu’on se sent débordé par la pression sans fin de toujours rester à la page » – Nicolas Carr

Pendant longtemps, l’information était une ressource plutôt rare et y avoir accès était un vrai défi.
Mais aujourd’hui, grâce aux technologies, aux médias, à internet, aux smartphones, nous avons un accès continu à une quantité gigantesque d’informations.
Nous pouvons suivre les actualités n’importe quand, en sortant notre smartphone ou en allumant la TV.

En moyenne, en Europe, les téléspectateurs regardent 3h55 de télévision par jour (étude Eurodata TV Worldwide en 2015). La consultation « d’informations » sur les téléphones est aussi en pleine croissance, il suffit de regarder autour de soi.

J’étais un gros consommateur, même si j’étais encore loin de la moyenne européenne. Mais je regardais presque tous les jours un journal télévisé et je lisais le journal en ligne.
Et comme si ce n’était déjà pas assez, quand j’avais un temps mort dans la journée, en faisant la queue ou en attendant quelqu’un, j’actualisais encore une fois mes fils d’actualités sur les réseaux sociaux et agrégateurs de news.
Je rentrais de plus en plus dans une consommation compulsive, à chercher la dernière news, à vouloir être au courant le plus possible et le plus vite possible.
Je passais trop de temps à suivre des histoires sur des évènements qui ne m’affectaient que très peu et sur des gens que je ne croisais jamais dans la réalité.
Puis j’ai décidé d’essayer de réduire ma consommation de news, de TV et de smartphone.
Et je me suis rendu compte de nombreux changements.
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Êtes-vous en pilote automatique ?

Deux jeunes poissons croisent le chemin d’un vieux poisson, qui leur fait signe de la tête en disant « Salut les jeunes. L’eau est bonne ? ». Les deux jeunes poissons se regardent et demandent « c’est quoi l’eau ? »

Je me souviens des premières années, après avoir terminé mes études et obtenu mon diplôme. J’étais enfin « libre » et indépendant. J’avais trouvé un bon travail qui me permettait de vivre confortablement.
Les semaines défilaient. Puis les mois et les années ont commencé à défiler.
Je n’étais pas malheureux, loin de là.

Au cours de ces années, j’ai peu évolué. J’ai bien sûr acquis des compétences « professionnelles », sportives, culturelles et relationnelles. Mais le temps défilait de plus en plus vite, tellement plus vite que l’évolution de ma vision du monde.
Je suivais le style de vie qui était normal après mon parcours, le style de vie par défaut. Je suivais, sans m’en rendre compte, des routines : réveil matin à 7h, travail, repas le soir à la maison ou au restaurant, bar ou TV. Des week-ends et quelques semaines de vacances par an pour recharger les batteries.

J’avais un système de croyances et de valeurs, une vision de la réalité et du monde que je n’avais jamais remis en question. Après tout, j’avais bien été formaté par le système et mon environnement.
Je n’étais pas conscient, je vivais en pilote automatique. Je vivais en réaction à des émotions, à des évènements.
Je n’étais pas conscient que j’avais le choix, que je pouvais changer fondamentalement.

Pourquoi un pilote par défaut ?

Nous voyons le monde à travers un prisme, qui nous renvoie notre vision de la réalité.
Cette réalité interne est composée de :

  • Notre système de croyances et de valeurs, qui nous permet de juger les évènements et les gens. Les valeurs sont nos fondamentaux sur lesquels on ne fait pas de compromis et nos croyances sont ce qui façonne totalement notre perception du monde.
  • Notre mental (notre voix et nos monologues intérieurs) ainsi que nos émotions. Nous sommes tous, durant une grande partie de la journée, dans nos pensées, à écouter notre voix intérieure et ses monologues.
  • Nos habitudes qui constituent les comportements et routines que nous faisons « automatiquement » et sans effort (se brosser les dents, s’habiller, prendre le café le matin, aller au sport, etc.). Ces habitudes permettent de libérer les ressources nécessaires à notre cerveau pour les activités plus complexes, comme la prise de décision et la réflexion.
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Réussir sa vie ou réussir dans la vie ?

“Rien ne ressemble plus à des vies ratées que certaines réussites.” Julien Green

Quand je demande à quelqu’un ce qu’est « réussir sa vie », la réponse est souvent « être heureux ».
Bien sûr ça parait évident.
Mais c’est à dire ? Comment être heureux ?
On sait bien que l’argent ne fait pas le bonheur, bien qu’il y contribue. Mais au delà de la simplicité de ce proverbe que tout le monde connaît, que faisons-nous pour la plupart au quotidien ?
Si on ne définit pas nos priorités nous-mêmes en y réfléchissant réellement, ne laissons-nous pas la société les définir à notre place ?

La vision de la société

Notre société répète et nous apprend que Réussir c’est avant tout réussir matériellement.
Pour être heureux, il faut avoir un bon travail (un CDI bien payé), de l’argent, être propriétaire, des biens matériels. Il faut travailler durement et payer ses impôts, consommer et enfin partir à la retraite et mourir en paix.
C’est simple en somme.
Pourtant, même parmi les gagnants de ce modèle, la consommation d’antidépresseurs n’a jamais été aussi élevée.
Nous sommes nombreux à être stressés, anxieux et à subir une forte pression au quotidien sur notre travail, nos carrières.

On voudrait croire qu’aller travailler dans un bureau 8h par jour, pendant plus de 40 ans est la recette de la réussite ? Même si ce travail n’est pas souvent épanouissant et ne permet pas de nous éclater.
En arrivant le soir fatigué après sa journée et en se posant devant la TV sans énergie après avoir terminé les corvées ménagères ? Tout ça pendant nos meilleures années de la vie, en attendant la prochaine grosse bouffée d’oxygène, nos congés.
Et bien sûr grâce à ce travail dur, on pourra peut être avoir une augmentation et plus l’argent pour consommer plus : acheter le nouvel iphone ou une plus belle voiture.

« On fait un travail qu’on déteste pour acheter des choses dont on n’a pas besoin pour impressionner des gens qu’on n’aime pas » – Tyler Durden dans Fight club

Et finalement, après ces 40 ans d’efforts à travailler pour des actionnaires, je peux enfin partir à la retraite de profiter de mon temps. Mais plus de ma santé ni de l’énergie de ma jeunesse.

Est-ce qu’il n’y a pas un problème ?
Tous ces efforts permettent-ils vraiment d’augmenter sa réussite personnelle (son bonheur) ?

Ce qui compte vraiment

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